La guerre des mères, de Kaui Hart Hemmings

La meilleur des mères…

Une maman, croisée dans un parc (assise à mes côtés sur un banc): Mon fils est le petit garçon à l’écharpe rouge qui joue au toboggan. Il est inscrit à la maternelle de ***.
Elle est très réputée en raison de sa bonne préparation des petits pour la primaire. Le vôtre y est aussi inscrit ?

Moi  (gardant un œil sur Mininous): Hé bien, non. Il est inscrit à la maternelle de mon petit village.
La maman (avec une grimace): Hum… Mais il vaut mieux préparer l’avenir de son enfant et cela dès ses premières années à la maternelle. Dans l’établissement où il est élève, mon fils sait déjà compter, commence à lire seul ses albums « Petit Ours brun », travaille sur des petits jeux de logique et apprend déjà l’anglais… D’ailleurs, il connaît par coeur une comptine dans cette langue et…
Moi (l’arrêtant avec un petit sourire) : Impressionnant… Mais j’ai peur qu’il n’ait pas appris le mot partage (montrant son fils empêchant les autres enfants de monter sur le toboggan criant qu’il en est le maître).
La maman (toute rouge et se dirigeant vers son fils): Maximilien !
Mininous (qui avait 5 ans – venant vers moi avec sa trottinette): Pourquoi tu ris, maman ?
Moi (en lui tendant une brique de jus de pomme): Parce que la vie est pleine de belles surprises… Surtout à cet instant.

 

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AUTEUR:
 Kaui Hart Hemmings
TITRE: La guerre des mères
ÉDITEUR, ANNÉE: Denoël, 2018
NOMBRE DE PAGES: 320 pages

 

 

 

Même des années plus tard, je souris en repensant à cette anecdote. Puis je me demande à quel moment peut bien commencer ce sentiment de « compétition » entre parents concernant l’éducation des enfants. Depuis la maternelle? La crèche? Voir même depuis la grossesse? Et quel impact peut-il avoir sur vous en tant que jeune maman ou jeune papa? Une réponse teintée d’humour nous est donnée dans « La guerre des mères » de Kaul Hart Hemmings.

Résumé: « Mele Bart tient un blog culinaire. Installée à San Francisco, elle a vingt-huit ans, une magnifique petite fille de deux ans, Ellie, et un ex, Bobby, qui lui a appris qu’il était déjà fiancé à une autre le jour où elle lui a annoncé qu’elle était enceinte. Quand ce dernier lui demande que leur petite fille soit demoiselle d’honneur à son mariage, Mele accepte, un peu à contrecoeur. Pour se changer les idées, elle décide donc de s’inscrire à un concours de recettes de cuisine organisé par le Club des mamans de San Francisco. Si elle peine au départ à se faire une place parmi le cercle fermé des mamans parfaites, toujours promptes à la critique, les amis qu’elle va se faire deviendront rapidement ses meilleurs alliés. Très vite, elle trouve en eux soutien et réconfort, mais aussi une source d’inspiration culinaire, chacune de ses recettes étant basée sur une anecdote vécue. Et qui sait, peut-être que l’amour l’attend au bout du chemin… »

Tout avait l’air de débuter comme une parfaite romance: Mele avait trouvé le grand amour, ils travaillaient tous deux dans un restaurant qui commençait à se faire un grand nom et… Un petit bébé est sur le point d’arriver. Mais il s’avère que la vie est pleine de surprise, bonne comme mauvaise. Et pour Mele, malheureusement, c’est la seconde option. Deux ans passent… Son cher ex l’invite à son futur mariage. La jeune femme est partagée: elle ne désire pas s’y rendre, mais elle ne veut pas empêcher non plus sa petite fille voir son père.
Ne sachant que faire et pour se changer les idées, elle se lance dans un concours de recettes de cuisine organisé par son club de mamans. Pour Merle, la cuisine a toujours été un moment d’apaisement où ses sentiments s’exprimaient à travers différentes saveurs.
Et en découvrant ses réponses au questionnaire, la jeune femme se dévoile peu à peu à nous, ainsi que ses plus proches amis, à coups d’anecdotes.

Au vu de la couverture,  je m’attendais à un roman plein d’humour et de quiproquos, et agrémenté d’une jolie romance. Certes, ma première impression n’est pas très éloignée de ce que l’autrice nous propose avec l’histoire de Mele. Pourtant, sous cette comédie légère, se cache une ironie bien aiguisée qui est là pour dédramatiser les parents pensant ne pas être à la hauteur pour leurs enfants.

La narration, qui se divise de 3 façons distinctes, contribue à renforcer ce sentiment:
–  Tout d’abord, il y’a les réponses de Merle au questionnaire qui nous révèle beaucoup de son quotidien, de ses sentiments face à la trahison de son ex, le désir d’écrire son propre livre de cuisine, son amour pour sa petite fille et les différentes idées de recettes s’inspirant de ses amis.
– Ses réponses sont entrecoupées par des intermèdes qui nous dévoilent les petites révélations que chaque ami de Mele lui a révélées et avec lesquelles, elle a créé de nouvelles recettes. Ses parties sont intéressantes, car elles apportent différentes facettes de parents selon une situation précise: se réapproprier son corps et se sentir désirable après une grossesse, établir un dialogue avec son enfant en pleine crise d’adolescence, démontrer aux autres mères que l’on est aussi parfaite qu’elles etc…
– Et puis, nous avons une narration typique, à la troisième personne, revenant de façon générale sur tous les personnages.

Je vous avoue avoir eu un peu de mal à suivre cette narration multiple qui me perdait un peu dans ma lecture. Mais le style ne reste pas moins agréable et j’apprécie que l’autrice essaye de rassurer les parents. Il n’y a pas de modèle parfait à suivre et nous ne sommes pas exempts d’erreurs. Le plus important est d’être là pour nos enfants, à l’écoute, attentifs à ses besoins et d’être son plus grand soutien.

Puis, il y’a le thème de la cuisine, très important au sein du récit, car c’est avec ses sentiments et les anecdotes de ses amis que Mele crée ses recettes. Bien que nous ayons les noms des plats et quelques ingrédients, je m’attendais à des recettes complètes (d’autant plus qu’elles ont l’air succulentes !), mais ce n’est pas le cas. Et c’est vraiment dommage !

Quant à l’humour, elle a parfois fait mouche avec moi avec quelques anecdotes qui m’ont bien fait rire, tel que le passage entre une mère et son fils ado. Je me suis même imaginée de transposer Mininous, mon fils, et moi dans leurs rôles. Hum… Pas sûr que la scène se déroule de la même manière que celle du roman.
Et puis, par moments, je suis passée totalement à côté trouvant la situation futile et parfois déconnectée face à ce que peut appréhender des parents d’une classe plus modeste. Cela peut sembler bizarre de souligner ce genre de détails, mais je n’ai pas réussi à me détacher de ce sentiment à certains moments de ma lecture.

Conclusion:

Avec « La guerre des mères », l’autrice aura le mérite de vouloir décomplexer les parents avec un humour accompagné d’une touche d’ironie et d’une galerie de personnages hétéroclites.

Pourtant, le style un peu confus de la narration pourra ralentir un peu votre lecture et peut-être que la thématique ne peut pas être vraiment parlant pour tout le monde. Pour ma part, je regrette que l’autrice n’est pas agrémenté son récit des recettes réalisées par Mele.

A vous de voir si cette comédie quelque peu acidulée, mais un bon réconfort pour les parents, vous tente!

(Image à la une de Nathalie Jomard )

 

 

 

 

 

 

 

(Image à la une de  Yaoyaomva  )

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