« Anne et la maison aux pignons verts » de Lucy Maud Montgomery

Une autre vision…

Moi (tenant un roman pour enfant entre les mains et parlant à moi-même): C’est assez marrant de relire un livre de sa jeunesse et de lui donner une autre interprétation.
Catherine (passant derrière moi, après avoir aidé une cliente): Cela m’est arrivé avec « Histoire sans fin », « Madame Doubtfire » et…
Liam (l’interrompant): Pareil pour les contes de fées ! Pour exemple, « Blanche Neige »…
Moi (curieuse): Ah oui ? 
Catherine (en rigolant): Qu’être la seule fille dans un foyer composé de 7 nains a un côté libidineux !
Liam (Étouffant un petit rire): Mais non ! Cela parle du passage à l’adolescence, la puberté plus précisément, chez les filles. C’est le symbolisme de ce conte.
Moi (reposant le livre dans les rayons): Comme quoi ! Notre vision n’est pas la même selon l’âge

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AUTEUR: Lucy Maud Montgomery
TITRE: Anne et la maisons aux pignons verts
ÉDITEUR, ANNEE: Zethel, 2016
NOMBRE DE PAGES: 480 pages

Anne… Ma chère petite Anne ! Elle fait partie de ces héroïnes de la littérature que j’ai découvert par son adaptation. Je dirais même que j’ai découvert la petite ville d’Avonlea, où se déroule l’histoire, avec la série canadienne des années 90, « Les enfants d’Avonlea ». J’avais appris à connaître certains personnages qui allaient être, par la suite, présents dans la vie d’Anne. Bref… Je repense à tous ce petit monde avec une touche de nostalgie et je revois encore Anne comme une jeune fille débordante d’énergie et d’imagination. C’est pour avoir le plaisir de me replonger dans ce souvenir d’enfance, que j’ai lu « Anne et la maison aux pignons verts« . Et je ne me doutais pas que je verrais cette histoire d’une façon différente…

Résumé:
« Sur le quai de la gare, Matthew attend l’orphelin qui les aidera, sa sœur Marilla et lui, à la ferme. Mais c’est une petite rouquine aux yeux pétillants qui se présente… N’ayant pas le cœur de la renvoyer, Matthew la ramène à Avonlea. Extrêmement attachante, Anne va rapidement séduire son entourage par son courage, sa détermination et sa débrouillardise. »

Anne est une jeune fille de 11 ans et jusqu’à maintenant sa vie n’est pas la plus agréable du monde. Après avoir perdu ses parents très jeune et  être allée dans plusieurs orphelinats, elle s’est retrouvée à servir de bonne d’enfants à une famille composée de 3 paires de jumeaux en bas  âges.  Afin d’oublier sa situation, elle se plonge dans son imagination. Mais une nouvelle opportunité s’offre à elle lorsque, après un nouveau passage à l’orphelinat, Anne est envoyée chez la famille Cuthbert. Le souci est qu’ils attendaient un jeune garçon pour les aider à la ferme. Bien que Matthew se soit pris très vite d’affection pour Anne, Marilla a encore quelques réserves. Pourtant, Anne arrivera à toucher le cœur de la vieille femme et une nouvelle vie va commencer pour elle à Avonlea.

Anne fait partie de ces personnages avec qui j’avais quelques atomes crochus: comme elle, je m’évadais dans mon imagination et mes lectures pour me détacher un peu de la réalité. Parfois, je me créais quelques scènes et dialogues dans ma tête. J’étais tellement centrée dessus que je les continuais à vive voix, pour m’arrêter un peu honteuse… Je vous rassure, ce n’est pas un signe de folie… Enfin, je crois. Quoi qu’il en soit, j’ai apprécié très vite cette jeune demoiselle.

Certes, c’est un véritable moulin à paroles au point que nous lecteurs partageons le sentiment de Marilla devant cette avalanche de mots. Mais elle arrive tout de même à nous faire sourire. Elle est aussi tête en l’air et toujours sujette à quelques bêtises vues son manque d’attention. Là encore, le lecteur s’amusera et la trouver pleine de bon sens quand Anne comprend son erreur et se fait elle-même la morale.

Mais Anne est aussi une jeune fille avec un fort caractère. Impulsive et d’une bonne répartie, elle répond avec morgue lorsque l’on se moque de ses tâches de rousseur et de ses cheveux roux. Et si l’on blesse son amour-propre, attention, car elle est rancunière et  Gilbert Blythe, un camarade de classe, en fera d’ailleurs les frais. Anne fera aussi preuve de vanité, mais se corrigera très vite de ce défaut suite à une bêtise mémorable.

Vous vous prendrez aussi d’affection pour les personnages qu’ils l’entourent: ses parents adoptifs, Mathews et Marilla, sa meilleure amie Diana, les proches voisins et Gilbert Blythe. On prend plaisir à suivre, le temps d’une lecture, leurs quotidiens et à découvrir les paysages d’Avonlea.

Et en parlant de paysages, la plume de l’auteure nous les décrit avec cette petite touche de poésie donnant l’impression de nous y promener : sa forêt verdoyante, ses petits chemins à travers champs ou ce petit pont au-dessus de la rivière. On imagine très facilement Avonlea. Lorsque j’étais plus jeune, j’aspirais à trouver un lieu semblable pour y vivre en toute tranquillité.  De ma première lecture qui date de plusieurs années, j’avais gardé l’image d’une fille amusante qui avait eu une enfance géniale et pleine d’aventures.

Puis je l’ai relu avec un œil plus adulte et j’ai pu découvrir les différents fils de lecture qui composaient ce récit: A commencer par l’apprentissage de la vie pour bien débuter sa future vie d’adulte, puis l’enseignement au début du XXème siècle  qui va se lier à une autre thématique importante, le statut de la femme. On comprend déjà, pour une jeune fille orpheline, le seul destin qu’elle peut espérer si elle n’est pas adopté, c’est d’être bonne d’enfants ou travailler comme employée de maison. De même, à travers le personnage Rachel Lynde, voisine et amie de Marilla, on peut voir les différentes réflexions portées par les gens devant l’évolution des jeunes femmes dans leur société: elles devraient apprendre les travaux manuels plutôt que rester le nez plongé dans les livres. Elles n’ont pas besoin d’aller à l’université et de côtoyer de trop près des jeunes hommes. Elles doivent trouver un bon parti et fonder un foyer etc… Mais Anne est un esprit libre et grâce au soutien de ses proches, elle peut décider d’elle même de son avenir.

CONCLUSION:

Lucy Maud Montgomery a réussi à marquer la littérature jeunesse avec le personnage d’Anne. Sa plume est agréable, poétique, amusante et arrive, à travers ses mots, nous transporter à Avonlea.

J’ai passé un agréable moment en compagnie d’Anne et je ne peux m’empêcher de sourire en me rappelant des dimanches après-midi sur M6, à regarder les téléfilms et rêvant de quitter le bitume pour les grands espaces… Allongée dans l’herbe, les yeux fermés et juste écouter la nature… Une envie de paix. C’est ce que j’ai ressenti plus jeune.

Aujourd’hui, c’est différent. En plus de cette bouffée de nostalgie, je suis contente d’avoir comprise son côté avant-gardiste. Puis je pense à tout le chemin que « La femme » a fait jusqu’à aujourd’hui: Beaucoup, mais malheureusement, il reste encore pleins de choses à changer.

Je vous invite vraiment à lire ce classique de la littérature jeunesse qui saura vous apporter une véritable bouffée de fraîcheur !

(Image de  daekazu)

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3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Je ne connaissais pas cette histoire. Je dois t’avouer que dès le début, tu m’as fortement intéressée ! 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. darkhippos dit :

    Je ne connaissais pas ce roman 😮 En tout cas, il a l’air très intéressant 🙂 Je dois dire que la façon dont tu en parles donne forcément très envie…

    Aimé par 1 personne

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